Télétravail en Corée du Sud : visa digital nomad, conditions et réalité du terrain

Arriver en Corée du Sud avec un ordinateur, un contrat à l’étranger et l’envie de tester une vie de nomade digital, ce n’est plus seulement un fantasme de feed Instagram. Depuis le lancement du visa digital nomad F-1-D, le pays encadre enfin le télétravail sur son territoire pour les étrangers qui gardent un employeur hors ... Lire plus
Alizé Marie
Télétravail en Corée du Sud — télétravail Corée du Sud bureau

Arriver en Corée du Sud avec un ordinateur, un contrat à l’étranger et l’envie de tester une vie de nomade digital, ce n’est plus seulement un fantasme de feed Instagram. Depuis le lancement du visa digital nomad F-1-D, le pays encadre enfin le télétravail sur son territoire pour les étrangers qui gardent un employeur hors de Corée. Le discours officiel parle de workation, de cafés design à Séoul et de randonnées après les visioconférences.

Sur le terrain, la réalité mélange exigences administratives, seuils de revenus élevés, rythme de travail soutenu et adaptation culturelle rapide. Il est important de comprendre la réglementation visa et de voir si le cadre proposé correspond à un projet d’expatriation, même temporaire.

Derrière les photos de coworking avec vue sur le Han, deux questions structurent le sujet : qui peut réellement prétendre à ce visa, et dans quelles conditions de travail au quotidien. Un salarié français payé au SMIC n’a pas les mêmes options qu’un développeur senior déjà habitué au travail à distance ou qu’une juriste qui facture des honoraires confortables.

La mobilité internationale est une réponse possible aux tensions sur l’emploi en Europe, et beaucoup voient ces dispositifs comme une option. Encore faut-il comparer précisément les exigences financières, juridiques et logistiques avec d’autres solutions comme travailler en Suisse en frontalier ou négocier du télétravail longue durée dans son entreprise actuelle.

  • Visa digital nomad F-1-D en Corée du Sud réservé aux télétravailleurs avec employeur étranger, sur justificatif de revenus élevés.
  • Durée de séjour étendue jusqu’à deux ans, sans droit de travailler pour un employeur local coréen.
  • Conditions de travail marquées par une forte culture des longues journées, même pour ceux qui restent dans des bulles internationales.
  • Réalité du terrain entre cafés, coworkings, coût de la vie en hausse et solitude potentielle si le réseau n’est pas anticipé.
  • Stratégie de carrière nécessaire pour relier télétravail en Corée du Sud, progression professionnelle et sécurité financière à moyen terme.

Télétravail en Corée du Sud : ce que permet (et ne permet pas) le visa digital nomad F-1-D

Le visa digital nomad en Corée du Sud, officiellement répandu sous l’étiquette F-1-D workation, s’adresse aux travailleurs qui pratiquent le télétravail pour une entreprise ou des clients situés hors du pays. L’administration sud-coréenne le présente comme un outil pour attirer des profils qualifiés capables de consommer sur place, sans entrer en concurrence avec le marché de l’emploi local.

Télétravail en Corée du Sud : ce que permet (et ne permet pas) le visa digital nomad F-1-D — télétravail Corée du Sud bureau

Concrètement, tu restes affilié à ton employeur ou à ton activité de freelancing étrangère, et tu exécutes ton travail à distance depuis la Corée du Sud.

Ce point est central : ce visa ne donne pas accès au marché du travail coréen. Aucun contrat local, aucun job étudiant, aucun petit boulot légal pour compléter les fins de mois. Toute l’économie de ton projet repose donc sur la solidité de ton télétravail actuel, ta capacité à maintenir tes missions et ton chiffre d’affaires, ou la stabilité de ton poste salarié à l’étranger. La promesse de liberté géographique est réelle, mais elle ne compense pas une situation professionnelle fragile.

Le gouvernement a fixé un seuil de revenus annuels largement au-dessus de la moyenne mondiale. On parle d’au moins 85 000 000 wons par an, ce qui représente environ 60 000 euros selon le taux de change récent. L’idée est double : filtrer les profils qui risqueraient de chercher à travailler illégalement, et garantir que les nomades digitaux disposent d’un budget suffisant pour se loger, s’assurer, consommer et voyager dans le pays sans pression excessive. Pour un jeune diplômé ou quelqu’un en reconversion, cette barre peut rendre le dispositif inaccessible à court terme.

Autre limite non négociable : l’impossibilité d’exercer une activité en présentiel sur le sol coréen, même pour du consulting ponctuel. Les conférences rémunérées, formations sur place ou missions pour une entreprise locale restent soumises à d’autres catégories de visa. Un nomade digital qui anime des sessions de coaching en ligne depuis Séoul reste dans les clous, à condition que les clients soient à l’étranger et que le flux financier ne soit pas lié à un employeur coréen.

Pour ceux qui respectent ce cadre, la Corée du Sud propose une combinaison rare : infrastructures de haut niveau, internet rapide, transports efficaces, et environnement très sûr. On comprend pourquoi les profils tech, marketing digital ou créatifs indépendants s’y intéressent autant. Le piège serait de ne voir que ce vernis. Le vrai sujet devient vite la gestion de ton énergie et de ton agenda dans un pays où la norme sociale tourne encore autour de longues journées de travail.

En résumé, ce visa convient surtout à des profils qui ont déjà sécurisé leur télétravail, qui disposent d’une marge financière et qui abordent la Corée comme une base de vie intense, pas comme un simple décor pour stories. L’outil est puissant, mais il récompense ceux qui ont déjà structuré leur activité bien avant l’embarquement.

découvrez tout sur le télétravail en corée du sud : guide complet sur le visa digital nomad, les conditions requises et la réalité du quotidien sur place.

Réglementation visa et conditions d’éligibilité : le filtre invisible

Le premier tri se fait sur le papier. Pour accéder au visa F-1-D, il faut pouvoir prouver un lien de travail stable avec un employeur ou des clients étrangers depuis au moins un an. Les contrats très récents, les freelances qui viennent de se lancer ou les personnes en période d’essai seront souvent regardés avec méfiance. Les autorités veulent des trajectoires installées, pas des tests improvisés.

A lire également :  Un employeur peut-il porter plainte contre un ancien salarié ? Droits, conditions et démarches

À cela s’ajoutent des conditions classiques mais scrutées de près : casier judiciaire vierge, assurance maladie avec une couverture élevée (souvent autour de l’équivalent de 100 millions de wons), pièces d’identité à jour, justificatifs bancaires qui montrent que le seuil de revenus affiché n’est pas une vue de l’esprit. Un salarié devra parfois fournir ses bulletins de salaire, voire un relevé bancaire. Un indépendant devra rassembler factures, attestations comptables et, selon les cas, déclarations fiscales.

Le traitement des dossiers prend environ quatre semaines, entre dépôt, contrôle et émission du visa. Pendant cette période, tout projet de départ express est à oublier. Il faut anticiper la date de début souhaitée, caler les billets d’avion avec une marge, et prévoir un plan B si la réponse arrive plus tard que prévu. Les profils organisés, habitués à gérer leur administratif, s’en sortent mieux que ceux qui gèrent tout en dernière minute.

Les candidats déjà présents en Corée du Sud avec un visa de court séjour peuvent, sous conditions, basculer vers ce dispositif. Cela concerne par exemple des touristes qui testaient le pays pendant quelques semaines et qui souhaitent prolonger l’expérience en mode travail à distance. Le changement de statut n’est pas automatique, mais il évite parfois un aller-retour coûteux vers le pays d’origine pour refaire un dossier complet auprès du consulat.

À long terme, ce visa ouvre une porte vers la résidence permanente pour ceux qui construisent un projet de vie en Corée. Le parcours se compte en années, pas en mois. Une maîtrise intermédiaire du coréen (niveau B1, via un test comme le TOPIK) devient alors incontournable, avec à la clé une installation plus durable et éventuellement l’accès à la citoyenneté. Ce n’est pas l’option la plus rapide pour s’installer dans le pays, mais pour certains profils très mobiles, ce sas de deux ans permet de tester la compatibilité entre leur métier, le télétravail et la vie en Corée du Sud avant de s’engager davantage.

Pris ensemble, ces critères montrent une réalité assez simple : ce visa digital nomad n’est pas un raccourci pour fuir un marché de l’emploi compliqué, c’est une récompense pour ceux qui ont déjà une activité solide. Le vrai filtre ne se situe pas seulement au consulat, mais dans la façon dont chaque candidat a structuré ses revenus et son employabilité en amont.

Procédure, papiers, revenus : mode d’emploi pragmatique pour décrocher le visa digital nomad

Une fois l’envie clarifiée, reste le concret : comment transformer ce projet de travail à distance en Corée du Sud en visa tamponné dans le passeport. Le plus efficace consiste à traiter le dossier comme un mini-projet professionnel, avec planning, check-list et marges de sécurité. Tu évites ainsi le stress inutile au moment de réserver ton vol ou de quitter ton logement actuel.

Première étape : vérifier point par point l’éligibilité. Cela passe par le seuil de revenus sur les douze derniers mois, le type de contrat (salariat, freelancing, dirigeant de société), la stabilité de l’activité et la conformité avec les règles du télétravail. Un développeur salarié avec 70 000 euros bruts par an coche généralement les cases plus facilement qu’un indépendant aux revenus très variables. Pour mesurer précisément le niveau réel, un outil de type calcul de salaire brut en net peut d’ailleurs aider à vérifier si le montant perçu correspond bien aux attentes du consulat, une fois converti en wons.

Deuxième étape : rassembler les preuves. L’administration coréenne préfère les dossiers structurés plutôt que les justificatifs envoyés en vrac. On peut par exemple classer les documents comme suit : identité (passeport, photos), situation professionnelle (contrat de travail ou attestations client), revenus (bulletins, bilans simplifiés, extraits de compte), assurance (contrat avec couverture claire en Corée), volet judiciaire (extrait de casier). Plus le dossier est lisible, plus les chances de traitement fluide augmentent.

Troisième étape : déposer la demande via le consulat ou le portail officiel d’immigration. Certaines ambassades exigent un rendez-vous en physique, d’autres acceptent un dépôt par voie électronique ou postale. Dans tous les cas, prévoir les éventuels frais de dossier et garder une copie numérique de chaque document. En cas de question ou de demande de précision, répondre vite évite de rallonger les délais de plusieurs semaines.

Pour y voir plus clair, le tableau ci-dessous résume les éléments clés du processus :

Élément Exigence principale Remarque pratique
Revenus annuels Au moins 85 000 000 wons (environ 60 000 €) Vérifier sur 12 mois glissants, pas seulement sur l’année civile
Type d’activité Télétravail pour employeur ou clients étrangers Aucun contrat local coréen autorisé sous ce visa
Assurance santé Couverture élevée incluant la Corée du Sud Joindre la notice avec plafonds et zones couvertes
Casier judiciaire Extrait vierge ou sans condamnation bloquante Anticiper les délais d’obtention dans le pays d’origine
Délai de traitement Environ 4 semaines Prévoir 2 semaines de marge avant la date de départ souhaitée

Une fois le visa accordé, l’installation sur place demande une nouvelle série de décisions rationnelles : logement, forfait mobile, banque, inscription éventuelle auprès du bureau de l’immigration si nécessaire. Les grandes villes comme Séoul et Busan concentrent l’offre, mais aussi le coût. Un nomade digital qui vise une vie plus calme peut regarder vers des villes moyennes, à condition de vérifier la qualité de la connexion internet et l’accès à des espaces de travail adaptés.

Au passage, inutile de fantasmer sur une négociation rapide avec ton employeur pour obtenir ce visa si tu es actuellement coincé dans une culture très présentielle. Convaincre une direction réticente au télétravail total demande souvent plus d’énergie que de changer d’entreprise. Dans ce cas, mieux vaut travailler sur ton positionnement, tes preuves de valeur et ta capacité à rejoindre une structure qui maîtrise déjà le travail à distance plutôt que d’espérer un virage brutal de ton entreprise actuelle.

A lire également :  Métier calme sans diplôme : 15 pistes pour travailler sereinement

En pratique, les candidats qui réussissent cette étape administrative ont trois points communs : un dossier préparé proprement, une activité déjà rodée au télétravail, et une vision claire de ce que ce séjour doit apporter à leur trajectoire professionnelle. Tout le reste, logement compris, se règle plus facilement une fois ces trois piliers en place.

Réalité du terrain : conditions de travail, rythme et limites du rêve nomade digital

Une fois installé en Corée du Sud, le discours marketing laisse vite la place aux conditions de travail réelles. Même si le visa digital nomad cible des personnes déjà habituées au télétravail, le contexte local influence beaucoup la manière de travailler. Les longues journées restent une norme dans beaucoup d’entreprises coréennes, et ce climat social transpire jusque dans les cafés et les coworkings où les laptops restent ouverts tard le soir.

Pour un salarié qui travaille à distance avec un fuseau horaire européen, ce décalage peut paradoxalement offrir un avantage. Les heures de disponibilité se concentrent sur l’après-midi ou le début de soirée, laissant les matinées libres pour l’exploration, le sport, les démarches administratives ou l’étude du coréen. À l’inverse, quelqu’un qui dépend d’horaires nord-américains peut vite se retrouver à travailler jusqu’à 2 ou 3 heures du matin, ce qui use l’organisme en quelques mois.

Le cadre du télétravail autorise une grande souplesse de lieu, mais beaucoup finissent par chercher une certaine routine. Certains privilégient des cafés avec prises électriques fiables, d’autres investissent dans un abonnement de coworking pour séparer clairement vie pro et vie perso. La Corée du Sud offre une densité impressionnante d’espaces de travail, mais tous ne se valent pas pour des visioconférences régulières. Il faut parfois plusieurs semaines pour trouver le bon équilibre entre ambiance, bruit, prix et proximité du logement.

La question financière reste omniprésente. Un salaire qui donne l’impression d’être à l’aise en France peut paraître juste à Séoul, surtout si on ajoute les sorties, les déplacements intérieurs et éventuellement l’accueil de proches de passage. Ceux qui se contentent du seuil minimal de revenus exigé par le visa ont intérêt à suivre leurs dépenses de près. Un outil basique de suivi mensuel, même sur un tableur, peut éviter de rentrer précipitamment faute de trésorerie.

Autre réalité rarement évoquée : la solitude possible. La Corée du Sud est accueillante, sûre, animée, mais elle ne garantit pas la création d’un réseau en quelques semaines. Les nomades digitaux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui traitent la vie sociale comme un projet à part entière : participation à des meetups, pratique d’un sport en club, cours de langue, implication dans des communautés de pratique en ligne puis en présentiel. Sans cette intention, les soirées peuvent se ressembler et l’enthousiasme initial retomber.

Le pays pousse aussi à l’exigence. Les infrastructures, le niveau de service, la rapidité de la logistique donnent l’impression que tout va vite et bien. C’est stimulant, mais cela peut renforcer une forme de pression silencieuse à produire plus, à être toujours disponible, même à distance. Un nomade digital qui ne se fixe pas lui-même des limites de temps de travail et de disponibilité pour ses clients risque d’adopter les excès locaux sans même s’en rendre compte.

Au final, la réalité du terrain en Corée du Sud n’annule pas la promesse du visa digital nomad, elle la nuance. Le pays offre un terrain de jeu idéal pour quelqu’un qui sait ce qu’il vient y chercher et qui connaît ses propres besoins en termes de rythme, de repos et de lien social. Ceux qui arrivent avec une vision trop floue, en espérant que le décor résoudra tout, se heurtent vite à la fatigue et à la frustration.

Vie en Corée du Sud en mode télétravail : logement, coût de la vie, santé et réseau

Vivre en Corée du Sud sous un visa digital nomad, ce n’est pas simplement déplacer son ordinateur. C’est aussi composer avec un marché du logement tendu, un coût de la vie variable selon les quartiers, et un système de santé performant mais payant. Le choix de la ville joue un rôle déterminant. Séoul concentre les opportunités de rencontres, les coworkings et les événements, mais c’est aussi là que les loyers s’envolent le plus.

Beaucoup de nomades digitaux commencent par des solutions flexibles : coliving, studios loués au mois, guesthouses haut de gamme. Ce type d’hébergement facilite l’arrivée, mais peut vite coûter cher si l’on reste plusieurs trimestres. Passer ensuite à un bail plus classique demande un minimum de codes locaux et de liquidités, notamment lorsque des dépôts importants sont exigés. Là encore, l’avance financière est plus qu’un confort, c’est une protection.

Sur le poste alimentation et sorties, la Corée du Sud peut surprendre. Manger dehors reste abordable dans de nombreux restaurants de quartier, surtout si l’on adopte les habitudes locales. En revanche, les produits importés, certains loisirs occidentalisés ou les habitudes de consommation très régulières (livraisons, cafés spécialisés quotidiens) font vite grimper le budget. Ceux qui arrivent avec un train de vie très urbain doivent souvent arbitrer entre confort immédiat et capacité d’épargne.

Côté santé, le niveau de soins est élevé, mais le système repose sur des assurances. Un nomade digital doit vérifier deux choses : que son assurance internationale couvre bien les consultations et hospitalisations en Corée du Sud, et que les plafonds sont adaptés au coût local des actes. Un accident de sport ou une opération imprévue peuvent plomber un budget si la couverture est mal calibrée.

Le réseau, lui, ne se limite pas aux autres étrangers. Un télétravailleur gagne beaucoup à croiser trois cercles : les communautés internationales déjà rodées au travail à distance, les locaux ouverts sur l’international (souvent via des événements tech, culturels ou académiques), et les contacts professionnels dans son secteur, même basés dans d’autres pays mais intéressés par l’Asie. Une approche proche du management consultatif peut d’ailleurs aider à structurer ces échanges, en offrant de la valeur (retours d’expérience, regards croisés, introductions) plutôt qu’en cherchant des opportunités de façon frontale.

A lire également :  Compensation salaire RQTH : comment fonctionne le complément pour les travailleurs handicapés ?

Il ne faut pas non plus oublier les aspects administratifs indirects : déclarations fiscales dans le pays d’origine, impact éventuel sur les droits sociaux, conséquences sur les aides liées au logement ou sur la situation familiale. Les personnes qui viennent d’un pays où l’accès à certaines prestations (aides au logement, indemnités chômage, etc.) dépend de la résidence effective doivent vérifier l’effet de plusieurs mois passés à l’étranger. Dans un contexte où les chiffres du chômage évoluent constamment, comme on le voit avec les données sur le nombre de chômeurs en France, la tentation de partir vite est forte, mais elle ne dispense pas de sécuriser le volet administratif.

Une fois ces sujets alignés, la vie en Corée du Sud peut devenir une base solide pour la suite de la carrière. Certains utilisent ce passage pour intensifier leur apprentissage du coréen, d’autres pour développer une clientèle internationale sur des fuseaux horaires différents, d’autres encore pour documenter un projet de contenu ou de formation. Le pays offre le décor, l’énergie et les infrastructures, mais c’est au télétravailleur de transformer cette matière brute en vrais leviers professionnels.

Stratégie de carrière, arbitrages et limites du modèle nomade digital en Corée

La question la plus sous-estimée autour du visa digital nomad en Corée du Sud reste celle de la trajectoire professionnelle. Le risque consiste à traiter ce séjour comme une parenthèse déconnectée du reste de la carrière. Deux ans de travail à distance depuis Séoul peuvent être un énorme plus sur un CV si c’est raconté comme une expérience structurante, ou au contraire un trou flou si rien n’a été réellement construit.

Pour un salarié, l’enjeu principal est la relation avec l’employeur. Partir en télétravail depuis la Corée demande d’aligner attentes, objectifs, modalités de communication et critères de performance. Un manager qui voit ce départ comme une fuite ou un caprice aura tendance à durcir le contrôle. À l’inverse, une direction déjà familiarisée avec le travail à distance peut utiliser cette configuration pour tester de nouveaux process, renforcer la documentation des tâches ou clarifier les livrables. Dans ce cas, le passage en Corée peut servir de preuve supplémentaire de ta capacité à travailler en autonomie.

Pour un indépendant ou un entrepreneur, la Corée du Sud devient un terrain de test grandeur nature. Cadrer des offres, clarifier un positionnement, structurer un pipeline de clients internationaux, voilà ce qui peut faire la différence entre un simple décor exotique et un véritable palier de croissance. Un nomade digital qui passe son temps à éteindre des feux opérationnels n’exploite pas vraiment le potentiel du cadre coréen. Celui qui profite de ce temps pour construire des offres plus lisibles, des contenus de référence ou des études de cas valorisables au retour capitalise mieux.

Il faut aussi intégrer les limites du modèle. Vivre en mouvement permanent, même en restant longtemps dans un même pays, fatigue. Les relations personnelles deviennent plus complexes à entretenir, les projets collectifs plus difficiles à ancrer. À un moment, beaucoup de nomades digitaux cherchent un équilibre plus stable, avec un ancrage géographique ou des cycles plus longs. La Corée du Sud peut alors jouer un rôle de laboratoire : tester ses préférences, son besoin d’ancrage et son rapport au travail.

Certains profils créent d’ailleurs des compromis assumés. Par exemple, alterner des périodes intensives de télétravail depuis la Corée avec des phases plus calmes dans un pays où le coût de la vie est plus bas, ou revenir ponctuellement dans le pays d’origine pour entretenir leur réseau et négocier de nouveaux contrats. Ce type de stratégie suppose d’avoir une vision chiffrée de sa situation, de connaître sa capacité d’épargne et de gérer ses charges fixes avec lucidité.

Dernier point souvent ignoré : la réintégration. Revenir après une aventure de télétravail en Corée du Sud demande de savoir raconter cette expérience. Mettre en avant la gestion de fuseaux horaires, la capacité à maintenir des résultats à distance, les compétences interculturelles, mais aussi les limites rencontrées. Les recruteurs, clients ou partenaires sont de plus en plus exposés au discours du nomade digital ; ce qui les intéresse, ce sont les preuves concrètes et les leçons tirées, pas les clichés.

En clair, ce visa digital nomad fonctionne mieux lorsqu’il s’inscrit dans une stratégie professionnelle réfléchie. Pas besoin que tout soit prévu à la virgule près, mais au moins une intention claire : monter en compétence, élargir son réseau, tester un marché, structurer une activité exportable. Sans ça, la Corée du Sud risque d’être un épisode intense mais difficile à valoriser par la suite.

Ce visa digital nomad en Corée du Sud permet-il de travailler pour une entreprise locale ?

Non. Le visa digital nomad F-1-D autorise uniquement le télétravail pour un employeur ou des clients situés hors de Corée du Sud. Toute activité rémunérée pour une entreprise locale nécessite un autre type de visa de travail, avec des règles et une procédure distinctes.

Quel niveau de revenus faut-il pour obtenir ce visa de télétravail en Corée du Sud ?

Les autorités coréennes exigent un revenu annuel au moins équivalent à 85 000 000 wons, soit autour de 60 000 euros selon le taux de change récent. Ce montant doit être justifié sur les douze derniers mois avec des documents probants : bulletins de salaire, relevés de compte, attestations comptables, etc.

Peut-on demander le visa digital nomad si l’on est déjà en Corée du Sud comme touriste ?

Dans certains cas, oui. Les personnes présentes avec un visa de court séjour peuvent déposer une demande de changement de statut vers le visa F-1-D, à condition de respecter les critères d’éligibilité. Il faut se renseigner auprès du bureau de l’immigration ou du consulat compétent, car les modalités exactes peuvent varier.

Combien de temps peut-on rester en Corée du Sud avec ce visa de nomade digital ?

Le visa F-1-D permet en principe un séjour initial d’un an, avec la possibilité de demander une prolongation d’une année supplémentaire si les conditions restent remplies. Au total, un télétravailleur peut donc rester jusqu’à deux ans, sous réserve de respecter les règles du dispositif et les obligations administratives.

Ce séjour en télétravail en Corée du Sud peut-il aider à obtenir une résidence permanente ?

Le visa digital nomad ne garantit pas à lui seul l’accès à la résidence permanente, mais il peut faire partie d’un parcours plus long. Pour viser une installation durable, il faut généralement cumuler plusieurs années de séjour régulier, démontrer une intégration sérieuse et atteindre un niveau intermédiaire en coréen, évalué via des tests comme le TOPIK.

découvrez le salaire d'un clerc de notaire en france, de débutant à confirmé, ainsi que les perspectives d'évolution de carrière dans ce métier juridique.

Salaire d’un clerc de notaire : débutant, confirmé et évolution de carrière

Le salaire clerc de notaire intrigue souvent les candidats qui envisagent cette voie, et même certains collaborateurs déjà en poste. Entre le clerk notaire ...
Alizé Marie
Nouvelle loi sur les seniors — senior en recherche d'emploi entretien

Nouvelle loi sur les seniors au chômage : ce qui change pour les plus de 55 ans

Entre la hausse de l’âge de la retraite et la réforme de l’assurance chômage, la nouvelle loi sur les seniors au chômage a rebattu ...
Alizé Marie

Laisser un commentaire