Diplôme d’éducateur spécialisé (DEES) : niveau, formation et débouchés

Le Diplôme d’éducateur spécialisé attire chaque année des milliers de candidats qui veulent s’engager auprès des publics fragilisés tout en construisant une vraie trajectoire professionnelle. Entre le niveau DEES désormais aligné sur la licence, les 3 ans de formation éducateur spécialisé et les 60 semaines de stage, on est loin d’un simple cursus scolaire : ... Lire plus
Alizé Marie
découvrez tout sur le diplôme d'éducateur spécialisé (dees) : niveau d'études, parcours de formation, compétences acquises et débouchés professionnels.

Le Diplôme d’éducateur spécialisé attire chaque année des milliers de candidats qui veulent s’engager auprès des publics fragilisés tout en construisant une vraie trajectoire professionnelle. Entre le niveau DEES désormais aligné sur la licence, les 3 ans de formation éducateur spécialisé et les 60 semaines de stage, on est loin d’un simple cursus scolaire : c’est un passage par le terrain, par les équipes, par les institutions, qui façonne une posture autant qu’une expertise. Pour un étudiant ou un salarié en reconversion, comprendre la mécanique du DEES avant de se lancer évite bien des désillusions et permet de cibler les bons établissements, les bons terrains de stage et les bons relais pour l’emploi.

Derrière ce diplôme, il y a surtout une profession d’éducateur spécialisé qui reste très demandée, mais aussi exigeante émotionnellement. Les politiques sociales évoluent, les besoins explosent dans la protection de l’enfance, le handicap et l’insertion, et les employeurs attendent des diplômés capables d’analyser une situation, de poser un cadre et de coopérer avec une multitude d’acteurs. Autrement dit, décrocher le DEES ne consiste pas seulement à accumuler des cours en psychologie ou en droit : cela revient à prouver sa capacité à tenir dans la durée, à argumenter ses choix et à porter des projets qui ont un impact réel sur la vie des personnes accompagnées.

En bref

  • Niveau du DEES : diplôme d’État de niveau 6, équivalent bac + 3, conférant le grade de licence avec 180 crédits ECTS.
  • Durée de la formation : 3 ans articulés entre 1 450 heures d’enseignements et 60 semaines de stages sur différents terrains.
  • Accès : sélection sur dossier via Parcoursup ou VAE, entretien oral centré sur la motivation et la posture professionnelle.
  • Contenu de l’enseignement DEES : 4 domaines de compétences mêlant accompagnement éducatif, projet, communication et travail institutionnel.
  • Débouchés éducateur spécialisé : insertion rapide en protection de l’enfance, handicap, exclusion, santé mentale, avec possibilités d’évolution vers coordination ou direction.

Diplôme d’éducateur spécialisé (DEES) : niveau, reconnaissance et réalités du métier

Le Diplôme d’État d’éducateur spécialisé est rattaché au niveau 6 du cadre national de certification, ce qui le situe au même niveau qu’une licence universitaire. Concrètement, la réussite au DEES valide 180 ECTS et ouvre des passerelles vers des masters en intervention sociale, en gestion de structures ou en sciences de l’éducation. Cette reconnaissance académique n’est pas seulement symbolique, elle change la manière dont les employeurs lisent un CV et facilite la mobilité, notamment si tu envisages ensuite un poste de chef de service ou un concours de la fonction publique.

Sur le plan réglementaire, la certification d’éducateur spécialisé est un diplôme d’État : l’examen final et les référentiels sont cadrés au niveau national, ce qui garantit une homogénéité minimale des compétences, quel que soit l’Institut régional du travail social (IRTS) ou l’école qui délivre la formation. Seules les modalités pédagogiques, le volume de projets ou l’orientation plus ou moins théorique changent d’un centre à l’autre. Cette standardisation rend le titre lisible pour les directions d’établissement, qui savent à quoi s’attendre en recrutant un titulaire du DEES fraîchement diplômé.

Sur le terrain, l’éducateur spécialisé intervient auprès de publics très différents : enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance, adolescents en rupture, adultes en situation de handicap, personnes sans domicile ou en demande d’asile. Son rôle ne se réduit pas à « occuper » ou « encadrer » : il participe activement au processus de socialisation, à la construction de l’autonomie et parfois au projet d’insertion professionnelle. Il s’appuie sur des temps du quotidien (repas, loisirs, scolarité, travail protégé) pour observer, ajuster son accompagnement et défendre un projet personnalisé devant une équipe pluridisciplinaire.

Un point souvent sous-estimé par les futurs étudiants concerne la dimension analytique du métier. Le titulaire du DEES doit être capable de rédiger des rapports, de construire des écrits à destination d’un juge des enfants, d’un médecin ou d’un inspecteur, et de justifier ses positionnements. Beaucoup découvrent, dès le premier stage long, que l’oral et la relation ne suffisent pas. Savoir poser un cadre, co-construire une règle et la maintenir dans la durée fait partie du cœur de métier, au même titre que l’écoute et la bienveillance.

Du côté de la carrière d’éducateur spécialisé, les premiers postes se situent en général dans des structures médico-sociales (IME, MAS, foyers de vie), des établissements sociaux (MECS, CHRS, CADA) ou des services de milieu ouvert (AEMO, prévention spécialisée). La rémunération d’entrée tourne souvent autour de 1 800 à 1 950 euros brut par mois dans les conventions les plus courantes, avec des compléments possibles liés aux nuits, week-ends ou astreintes. Ce n’est pas un métier choisi pour son salaire, mais un diplôme qui offre une vraie employabilité, y compris en province où les besoins sont forts et durables.

Une confusion fréquente oppose le DEES à d’autres diplômes du travail social, comme le DEASS ou le DEEJE. Le premier forme des assistants de service social, centrés sur le diagnostic social et l’accès aux droits, quand le second prépare au travail auprès de la petite enfance. Le niveau DEES reste bac + 3 tout comme ces diplômes, mais la logique d’intervention est plus éducative et ancrée dans la relation au quotidien. Avant de candidater, comparer précisément les missions associées à chaque diplôme évite de se tromper de voie dès le départ.

Un dernier point mérite d’être posé : le DEES n’est pas une fin en soi. Beaucoup de professionnels reviennent quelques années plus tard vers des formations complémentaires (DEIS, CAFDES, spécialisation en addictologie ou autisme). L’avantage d’avoir un grade de licence, c’est justement de pouvoir envisager des études supplémentaires sans repartir à zéro, en valorisant l’expérience acquise et en l’articulant avec de nouveaux savoirs.

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Accès à la formation éducateur spécialisé : sélection Parcoursup, profils recherchés et stratégies

Pour un lycéen ou un étudiant en réorientation, l’accès au Diplôme d’éducateur spécialisé passe principalement par Parcoursup. Les centres de formation inscrivent la plupart de leurs places en formation initiale sur la plateforme, ce qui oblige à travailler sérieusement son dossier, mais aussi à comprendre comment un jury lit une candidature. Les notes comptent, bien sûr, surtout en français et en sciences humaines, mais le vrai filtre se joue souvent sur la lettre de motivation et sur la cohérence globale du projet.

Les écoles et IRTS cherchent des profils qui ont déjà eu un premier contact avec le secteur social. Le bénévolat, les services civiques, l’animation en centre de loisirs ou en colonie rencontrent un écho très positif. Un candidat qui peut détailler concrètement une situation vécue, expliquer comment il a géré un conflit ou ajusté sa posture face à un enfant en crise, marque des points face à un dossier brillant sur le papier mais abstrait. D’ailleurs, certains établissements demandent un « CV citoyen » qui met en avant l’engagement extra-scolaire plutôt que les seules expériences salariées.

L’entretien oral de sélection, qui dure souvent entre 20 et 30 minutes, constitue une étape déterminante. Le jury ne cherche pas un professionnel déjà formé, mais une personne capable de se remettre en question, de supporter le travail émotionnel et de prendre du recul sur ses représentations. Des questions reviennent régulièrement : « Comment réagirais-tu face à un jeune qui t’insulte ? », « Que penses-tu de la contrainte en institution ? », « As-tu déjà été confronté à une situation de handicap ou de grande précarité ? ». L’objectif n’est pas de réciter un cours mais de montrer une réflexion personnelle un minimum structurée.

Autre voie d’accès, moins connue : les adultes en reconversion ou déjà en poste dans le secteur peuvent entrer en formation d’éducateur spécialisé via un financement employeur, un congé de transition professionnelle ou la validation des acquis de l’expérience (VAE). Dans ce cas, Parcoursup n’est pas toujours la porte d’entrée, et les procédures passent plutôt par les services formation des structures ou par les DREETS. Un salarié d’IME ou de foyer de l’enfance qui travaille depuis plusieurs années comme moniteur-éducateur peut ainsi viser le DEES pour monter en responsabilités et élargir son champ d’action.

La question du financement mérite d’être anticipée. Même si les frais de scolarité restent plus contenus dans les établissements publics ou associatifs que dans d’autres filières, ils représentent un budget sur trois ans. Entre les droits de scolarité, les frais d’inscription, les déplacements en stage et parfois un hébergement temporaire loin de son domicile, un étudiant non boursier doit souvent jongler avec un job alimentaire. D’où l’intérêt d’examiner aussi les aides possibles, les bourses régionales et les dispositifs spécifiques mis en place par certaines écoles.

Pour maximiser ses chances à la sélection, travailler sa visibilité ne se limite pas au dossier. Envoyer un mail concis mais solide au secrétariat pédagogique pour poser une question précise, assister aux portes ouvertes, échanger avec des étudiants déjà en cursus : tout cela permet d’arriver plus préparé le jour de l’entretien. On peut d’ailleurs s’inspirer de la logique utilisée dans d’autres diplômes d’intervention sociale ou d’animation, comme détaillé dans des ressources spécialisées sur la rémunération et la carrière, par exemple sur cette page dédiée au DEJEPS et à son salaire, pour comprendre comment se positionner à moyen terme.

Enfin, un conseil souvent donné par les formateurs : varier les vœux. Miser uniquement sur un seul établissement très demandé peut se retourner contre soi. Inscrire plusieurs IRTS, quelques écoles privées et éventuellement une filière voisine (BTS ESF, DUT carrières sociales) constitue une forme d’assurance. Cela n’empêche pas de garder comme objectif principal la certification d’éducateur spécialisé, mais laisse une marge de manœuvre si la première tentative n’aboutit pas.

https://www.youtube.com/watch?v=O8LnRzrWb8w

Enseignement DEES : contenus, domaines de compétences et organisation des 3 ans

L’enseignement du DEES repose sur quatre grands domaines de compétences, qui donnent la structure globale de la formation et guident les évaluations. Ces domaines ne sont pas des silos théoriques : ils se croisent en permanence dans les projets, les analyses de pratique et les écrits professionnels. Comprendre leur logique dès le départ permet d’orienter ses lectures, de choisir ses sujets de mémoire intelligemment et de se préparer aux attentes des jurys.

Le DC1, consacré à l’accompagnement social et éducatif, couvre tout ce qui relève de la relation au quotidien avec les personnes accompagnées. On y aborde les bases de la psychologie du développement, les repères en psychopathologie, les méthodes d’observation, mais aussi la question du cadre, des règles et de la distance professionnelle. C’est dans ce domaine que se situe le mémoire de fin d’études, adossé au stage long, qui doit articuler théorie, pratique et réflexion personnelle sur une problématique précise.

Le DC2, centré sur la conception et la conduite de projet, amène les étudiants à penser au-delà de l’accompagnement individuel. Il s’agit de savoir monter une action collective, de la diagnostiquer, de la planifier et d’en évaluer les effets. On y croise des notions de méthodologie de projet, de dynamiques de groupe, mais aussi des éléments de gestion budgétaire lorsqu’un projet nécessite un financement externe. Les travaux dirigés et les projets tuteurés servent souvent de laboratoire pour expérimenter ces compétences avant de les transposer sur le terrain.

Le DC3 concerne la communication professionnelle. Beaucoup sous-estiment ce volet au départ, et c’est une erreur. L’éducateur spécialisé passe une part non négligeable de son temps à rédiger des synthèses, des notes d’observation, des rapports de situation, à animer des réunions et à transmettre des informations à des partenaires variés. Les cours de ce domaine travaillent donc la rédaction, l’argumentation, la prise de parole, mais aussi la gestion de conflits et la médiation entre personnes ou institutions qui ne se comprennent pas toujours.

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Enfin, le DC4 explore les dynamiques interinstitutionnelles et les politiques sociales. L’objectif n’est pas de transformer les étudiants en juristes, mais de les rendre capables de se repérer dans les dispositifs, les lois et les financements qui structurent le secteur social et médico-social. On y analyse les grandes réformes, les textes régissant la protection de l’enfance, le handicap ou l’hébergement d’urgence, ainsi que les jeux d’acteurs entre associations, collectivités territoriales, État et sécurité sociale.

Sur la durée totale de la formation, ces domaines représentent environ 1 450 heures de cours, réparties sur six semestres. Le reste du temps est occupé par les stages, les temps de recherche individuelle, les travaux de groupe et parfois des options proposées par les centres (culture, médiation animale, sport adapté, etc.). Pour se repérer, un tableau comparatif peut aider à visualiser la place de chaque domaine :

Domaine de compétences Axes principaux Exemples d’évaluations
DC1 Accompagnement social et éducatif spécialisé Relation au quotidien, observation, projet personnalisé Rapports de stage, mémoire professionnel, soutenance orale
DC2 Conception et conduite de projet éducatif Diagnostic, méthodologie de projet, actions collectives Dossier de projet, présentation devant jury, travaux de groupe
DC3 Communication professionnelle en travail social Écrits professionnels, travail en équipe, médiation Notes de synthèse, études de cas, mises en situation de réunion
DC4 Dynamiques institutionnelles et politiques sociales Cadre légal, dispositifs, partenariats, réseau QCM, dissertations, dossiers d’analyse institutionnelle

La charge de travail ne se limite pas aux heures en présentiel. Entre les lectures à préparer, les dossiers à rendre, les bilans de mi-stage et les recherches pour le mémoire, beaucoup d’étudiants découvrent qu’ils sont plus proches d’un rythme de licence universitaire que d’un simple « diplôme pro ». La réussite repose alors sur une bonne organisation : calendrier de remise des travaux, planification des temps d’écriture, et parfois utilisation d’outils numériques pour structurer les cours, les fiches et les révisions.

Pour celles et ceux qui aiment apprendre en autonomie, certains complètent la formation par des vidéos d’analyse de pratique, des conférences sur le travail social, ou encore des contenus universitaires disponibles en accès libre. Une recherche ciblée sur YouTube autour du DEES et du métier permet de repérer des retours d’expérience très concrets :

Un point clé pour tirer parti de ces trois années consiste à relier le plus possible théorie et pratique. Au lieu de garder d’un côté les cours sur la psycho ou le droit, et de l’autre ce qui se passe en stage, les étudiants qui progressent le plus sont ceux qui osent apporter des vignettes cliniques en cours, poser des questions issues de situations réelles et relire leurs écrits de terrain à la lumière des concepts étudiés. C’est exactement cette gymnastique intellectuelle qui prépare aux exigences du mémoire et, plus tard, aux responsabilités élargies dans la carrière d’éducateur spécialisé.

Stages en DEES : 60 semaines de terrain pour forger la posture professionnelle

La formation d’éducateur spécialisé se distingue par la place massive laissée aux stages : 60 semaines, soit environ 2 100 heures de présence sur le terrain, réparties sur les trois ans. Chaque période a un objectif spécifique, avec une montée en responsabilité progressive. L’enjeu n’est pas seulement d’observer, mais de prendre part au travail éducatif, de participer aux réunions, de rédiger des écrits et de commencer à assumer des actes professionnels encadrés.

En première année, le stage découvre souvent un premier univers : foyer de l’enfance, institution médico-éducative, structure d’insertion. Beaucoup d’étudiants comme Inès, 19 ans, qui pensait travailler « forcément » avec des enfants, découvrent à cette occasion la richesse du travail auprès d’adultes en situation de handicap ou de personnes sans domicile. Ce premier contact permet de tester sa motivation réelle, de repérer ses zones de confort et ses limites, et de commencer à construire un regard professionnel sur des situations parfois très éloignées de son vécu personnel.

Le deuxième stage, plus long ou sur un autre public, vient élargir la palette. Un étudiant qui a commencé en protection de l’enfance peut aller vers la santé mentale, la prévention spécialisée ou l’addictologie. L’objectif est clair : éviter de s’enfermer trop vite dans une seule spécialité. Les responsables de formation insistent beaucoup sur ce point, car la diversité des expériences renforce l’employabilité à la sortie. Un recruteur appréciera toujours un jeune diplômé qui a déjà vu plusieurs types de structures et de publics.

Le troisième stage, souvent nommé « stage long », s’étale entre 24 et 30 semaines. C’est là que se joue le passage du statut d’étudiant à celui de presque professionnel. Le stagiaire devient référent de situations, participe pleinement aux synthèses, anime des ateliers, suit un projet individuel du diagnostic à l’évaluation. C’est aussi sur ce terrain que se construit le mémoire, à partir d’une problématique issue directement de la pratique : partenariat, limites de la fonction éducative, usage de la contrainte, médiation avec les familles, etc.

Sur le plan financier, ce stage long est le plus souvent gratifié, notamment dans le secteur associatif ou privé non lucratif, ce qui allège un peu la pression économique sur la troisième année. Ce n’est pas un salaire, mais une aide qui permet parfois de réduire un job d’appoint pour se concentrer sur l’écriture du mémoire et les responsabilités accrues en stage. Dans la fonction publique hospitalière ou territoriale, les règles peuvent être différentes, il est donc utile de vérifier les conventions avant de s’engager.

Pour tirer le maximum de ces 60 semaines, quelques réflexes font la différence :

  • Demander un temps de bilan régulier avec le tuteur, au-delà des obligations officielles.
  • Garder un carnet de bord, même succinct, pour noter des situations marquantes et les relier ensuite aux cours.
  • Oser poser des questions parfois inconfortables en équipe (limites, risques, cadre légal), sans remettre en cause les personnes.
  • Préparer ses écrits avec rigueur, car ils finiront souvent dans le dossier des usagers et pourront être lus par des tiers.
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Les difficultés pendant les stages ne sont pas un échec en soi. Un conflit avec un collègue, un sentiment d’impuissance face à une famille, une remise en question après un incident éducatif constituent des matériaux précieux pour la progression professionnelle, à condition d’être accompagnés, analysés et mis en mots. Les temps d’analyse de la pratique et de supervision prévus dans beaucoup de centres de formation servent justement à mettre du sens sur ces expériences.

Au fil des trois années, les stages nourrissent aussi un début de réseau. Un étudiant reconnu pour son sérieux et sa capacité d’initiative peut recevoir des propositions de CDD dès la fin de son stage long, voire avant la validation du diplôme. Dans un secteur où les besoins de recrutement restent élevés, cette visibilité concrète compte parfois plus qu’un excellent dossier académique. C’est aussi un levier stratégique pour la suite de la carrière d’éducateur spécialisé, que ce soit pour obtenir un premier CDI, accéder à un poste en internat choisi ou négocier une mobilité géographique.

Débouchés éducateur spécialisé, poursuite d’études et construction de carrière après le DEES

Une fois le DEES en poche, l’insertion sur le marché du travail est généralement rapide. De nombreux services et établissements fonctionnent déjà avec des postes vacants ou des remplacements difficiles à pourvoir. Les premiers contrats prennent souvent la forme de CDD, notamment en protection de l’enfance, dans les dispositifs d’hébergement d’urgence ou dans les foyers accueillant des personnes en situation de handicap. Sur le terrain, la capacité à s’adapter vite à une nouvelle équipe et à un rythme d’internat pèse beaucoup dans la balance.

Les débouchés d’éducateur spécialisé couvrent plusieurs grands champs d’intervention. Dans la protection de l’enfance, les MECS, les foyers d’urgence, les services d’AEMO ou de placement familial recrutent en continu. Côté handicap, les IME, MAS, FAM ou ESAT recherchent des profils capables de conjuguer soin, relation éducative et travail sur l’autonomie. Sur le versant de l’exclusion et de l’insertion, les CHRS, CADA, accueils de jour ou équipes de prévention spécialisée constituent autant de portes d’entrée possibles.

Au-delà du premier poste, penser sa carrière d’éducateur spécialisé comme un parcours évolutif aide à tenir dans la durée. Certains choisissent de se spécialiser sur un public (autisme, troubles du comportement, santé mentale) et complètent le DEES par des formations ciblées. D’autres évoluent vers des fonctions de coordination, puis de chef de service, en passant ou non par des diplômes comme le CAFERUIS ou le CAFDES. Le grade de licence conféré par le DEES ouvre aussi l’accès à des masters universitaires, en ingénierie sociale, management de projet ou sciences de l’éducation.

Pour ceux qui aiment structurer leur projet professionnel comme un véritable plan de développement, s’inspirer d’autres filières du social et de l’animation peut donner des idées. Certaines ressources en ligne comparent par exemple les perspectives d’évolution et les rémunérations associées à des diplômes comme le DEJEPS, le DEASS ou le DEES, ce qui aide à arbitrer entre plusieurs options de montée en compétences. On peut aussi utiliser ces comparaisons pour préparer des entretiens d’embauche et argumenter une demande de salaire ou de formation continue, en s’appuyant sur des grilles ou analyses détaillées disponibles sur des sites spécialisés.

La question financière, même si elle n’est pas centrale dans le choix de ce métier, reste présente. Le salaire de départ n’est pas spectaculaire, mais l’ancienneté, les sujétions d’internat, les primes et les augmentations conventionnelles finissent par peser au fil des années. Surtout, certains postes en coordination, en milieu hospitalier ou en collectivités peuvent offrir des conditions plus intéressantes, à condition de construire progressivement un profil solide et reconnu.

Il ne faut pas négliger non plus les risques d’usure professionnelle. Travailler en protection de l’enfance ou en psychiatrie sociale expose à des situations complexes, parfois violentes, et à une charge émotionnelle soutenue. Construire une carrière durable passe alors par plusieurs réflexes : demander des supervisions, participer à des groupes d’analyse de la pratique, changer de structure ou de public lorsque la lassitude devient trop forte, et ne pas hésiter à faire valoir son droit à la formation continue. Beaucoup d’éducateurs spécialisés témoignent d’un second souffle après une spécialisation ou une reprise d’études bien choisie.

Enfin, la dimension réseau joue un rôle discret mais réel. Garder le contact avec ses anciens camarades de promotion, avec les tuteurs de stage et avec les professionnels croisés en formation facilite les mobilités, les recommandations et les projets communs. Une simple relance bien formulée, un café pris avec un ancien responsable de stage ou une participation à un colloque local peuvent ouvrir des opportunités inattendues. Le DEES donne la base technique et réglementaire, mais c’est la capacité à entretenir des relations professionnelles de qualité qui fait souvent la différence sur dix ou quinze ans de carrière.

Quel est le niveau du Diplôme d’éducateur spécialisé aujourd’hui ?

Le DEES est un diplôme d’État classé au niveau 6 du cadre national des certifications, soit un niveau bac + 3. Il confère le grade de licence et valide 180 crédits ECTS, ce qui permet de poursuivre en master ou dans d’autres formations de niveau supérieur en travail social ou en management de structures.

Comment accéder à la formation d’éducateur spécialisé via Parcoursup ?

L’accès en formation initiale se fait en déposant un vœu DEES sur Parcoursup, avec un dossier comprenant notes, expériences, projet de formation motivé et souvent un CV. Après une première sélection sur dossier, la plupart des établissements convoquent les candidats à un entretien oral pour évaluer la motivation, la posture et la capacité à entrer dans une formation exigeante.

Combien de temps dure la formation d’éducateur spécialisé et combien de semaines de stage sont prévues ?

La formation au diplôme d’État d’éducateur spécialisé dure trois ans, organisés en six semestres. Elle comprend environ 1 450 heures d’enseignements théoriques et 60 semaines de stages, soit près de 2 100 heures de présence sur le terrain, réparties entre plusieurs structures et publics différents.

Quels sont les principaux débouchés pour un titulaire du DEES ?

Les débouchés éducateur spécialisé se situent principalement en protection de l’enfance (MECS, foyers, AEMO), dans le handicap (IME, MAS, FAM, ESAT), dans l’hébergement et l’insertion (CHRS, CADA, accueils de jour) ou encore en santé mentale et addictologie. La majorité des diplômés décrochent un emploi dans les mois qui suivent l’obtention du diplôme.

Peut-on évoluer en carrière après quelques années comme éducateur spécialisé ?

Oui. Après quelques années d’expérience, il est possible de se spécialiser sur un public, de préparer des diplômes de cadre (CAFERUIS, CAFDES), ou de reprendre des études universitaires grâce au grade de licence du DEES. Certains éducateurs se tournent vers des fonctions de coordinateur, de chef de service, de formateur ou d’ingénierie sociale.

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